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Pourquoi lutter contre la pub?

Alors que la crise climatique menace, que la biosphère est anéantie, que les inégalités se creusent, que des millions d’enfants meurent de faim chaque année, que la maladie continue de frapper et de tuer, que les nazis sont partout de retour… Pourquoi donc lutter contre quelque chose d’aussi futile que la publicité?

Parce que la pub est ce qui rend tout cela possible.

Comme la religion, la publicité façonne l’imaginaire collectif. Les artistes les plus talentueux, qui autrefois mettaient leur art au service du pouvoir féodal et clérical, sont maintenant dévoués à l’idéologie consumériste. Les techniques de manipulation mentale les plus perfectionnées (celles des publicitaires américains, utilisées par le régime nazi pour sa propagande) sont mises en œuvre pour nous persuader d’acheter de plus grosses bagnoles et de plus grands téléphones. 500 milliards de dollars sont dépensés chaque année dans le monde à seule fin que les plus gros industriels puissent vendre encore plus de camelote, alors que la moitié de cette somme suffirait à éradiquer définitivement la faim dans le monde. L’industrie pharmaceutique dépense trois fois plus en marketing, lobbying et autres visiteurs médicaux, qu’en recherche pour développer de nouveaux médicaments. La plupart d’entre nous acceptent tout cela sans broncher, parce que nous sommes conditionnés à suivre nos désirs immédiats sans penser aux conséquences, selon l’idée que de la somme des convoitises individuelles résultera le bonheur universel, grâce aux coups de matraque de la main invisible.

Au temps des rois de droit divin, quand la religion était omniprésente, le souverain était, aux yeux de la plupart, le représentant de Dieu sur Terre. Ce n’est que lorsque les Lumières ont «écrasé l’infâme» et ses idoles que le régime a pu être mis à bas. Il nous appartient aujourd’hui d’écraser l’infâme culte publicitaire pour que nous puissions enfin tenter d’être libres.

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Désarmons-les

Il y a 50 ans, le 24 mai 68 à Paris, un homme de 26 ans, Philippe Mathérion, est tué par une grenade des CRS. Les autorités attribuent la mort à un règlement de compte au couteau entre étudiants. L’autopsie gardée secrète montre pourtant qu’il a été tué par des éclats de grenade.

Le 31 juillet 1977, le manifestant antinucléaire Vital Michalon est tué par une grenade offensive. L’autopsie révèle des lésions pulmonaires dues à l’explosion. Le préfet, lui, affirme qu’il s’agissait d’une crise cardiaque.

Le 26 octobre 2014, Rémi Fraisse est tué par une grenade offensive. Alors qu’elles connaissent la responsabilité des gendarmes, les autorités font état de la «découverte d’un corps». Un gendarme déclare que le manifestant a pu être tué par son propre explosif.

L’État ne se contente pas de tuer et de mutiler. Il ment et diffame aussi.

Aujourd’hui, après que Maxime a eu la main arrachée par une grenade à Notre-Dame-des-Landes, des communiqués caricaturaux du gouvernement, repris sans discernement par les médias, font porter la responsabilité à la victime et disculpent ceux qui ont fait usage de l’arme.

Malgré les annonces d’interdiction, la France reste le seul pays d’Europe autorisant les munitions explosives pour le «maintien de l’ordre».